Les vitraux

Description générale

Le chanoine BRIDET, en donnant à l'église qu'il fondait le titre d'église du Saint Sacrement, disait que sa volonté était de glorifier la Sainte Eucharistie. La divine Eucharistie apparaît sous trois aspects différents :
- La Présence Réelle,
- Le Sacrifice,
- La Communion.

Les trois vitraux du transept et de l'abside, dessinés par Georges Décôte, sont consacrés à ces trois aspects de l'Eucharistie :
- Le premier présente aux regards des fidèles l'Hostie adorée (transept de l'Epître),
- Le second, l'Hostie offerte à Dieu ou le Saint Sacrifice de la Messe (fond du chœur),
- Le troisième, l'Hostie donnée aux fidèles dans la Sainte Communion (transept de l'Evangile).
Chacune de ces verrières est divisée en trois par les piliers qui soutiennent l'ensemble. Chacun de ces pans est surmonté d'une petite rose, et une rose plus grande encore domine chacun des trois vitraux.

Il existe trois autres vitraux : ceux des chapelles de part et d'autre de l'abside et la rose qui domine l'entrée de la nef.


Les vitraux de l'Eucharistie

• Vitrail du Sacrifice : (abside)

La verrière centrale représentant le Sacrifice a été posée en 1908. A cette occasion, M. Louis Jean SAINTE-MARIE PERRIN, architecte de l'église, a publié l'article suivant, paru dans la Semaine Religieuse du 27 mars 1908.

"De pieuses libéralités ont doté l'église du Saint Sacrement d'une verrière admirable, qui apporte au nouvel édifice derrière l'autel majeur, l'éclat d'une splendide coloration. Sur le champ d'un bleu profond que raient des nuages d'or et de pourpre, deux scènes se dessinent : une scène céleste, une scène terrestre.

Dans le haut (*1), un majestueux Père éternel bénit ; le Saint Esprit, sous la forme d'une blanche colombe, envoie des rayons lumineux. Une légion d'anges aux tons très doux se pressent, attentifs. En dessous de ce prélude, au centre de la composition, un Christ colossal est cloué sur la Croix. Le corps blême du divin Crucifié se détache dans un nimbe émaillé de mille couleurs brillantes, sur un fond violet des plus intenses. Des cinq plaies s'écoulent cinq sources opulentes du Précieux Sang que des anges éplorés recueillent dans des coupes d'or. A droite du Christ, la Sainte Vierge, Saint Jean, Saint Longin ; à gauche, Sainte Marie-Madeleine, Saint François d'Assise, la Bienheureuse Marguerite-Marie assistent au drame sanglant et en partagent la passion. Leurs regards, leurs attitudes, leurs gestes, le disent éloquemment. Les anges des cinq plaies, d'un dessin exquis, apportent au Christ l'hommage d'une profonde douleur. Celui qui recueille le sang du Sacré-Cœur se voile la face ; il ne peut soutenir le feu de la blessure. L'azur constellé de leurs ailes ajoute un éclat à l'éclat des nuages enflammés sur lesquels s'assoit la scène céleste.

Dans le bas, le centre de la scène terrestre est un autel et devant l'autel, le prêtre agenouillé élève le calice qui va s'emplir du sang répandu. La chasuble, d'un drap d'or très souple, met une tache heureuse et brillante dans ce milieu du sujet inférieur.

Une foule impressionnée entoure l'autel, les yeux fixés avec ardeur sur la Croix. Toutes les têtes sont expressives, fortement accentuées, déterminées comme des portraits. C'est la foule ouvrière du quartier : ouvriers maçons, ouvriers terrassiers, ouvriers de la soie, ouvriers de la pierre, petits enfants de l'école primaire, de la salle d'asile ; modestes ménagères ; c'est enfin, pieusement mêlée au peuple, la richesse bienfaisante.

Sans rompre l'unité de la composition, cette dualité des scènes lui donne une harmonieuse diversité. C'est l'union, dans un seul concert, de la terre et du ciel. Telles, à Rome, la mosaïque fameuse de Sainte Rudentienne, et la Dispute du Saint Sacrement. Dans ces chefs-d'œuvre de l'art chrétien que sépare un espace de onze siècles, nous retrouvons cette donnée, cette concordance de deux scènes dans un seul sujet.

Mais nous ne pouvons, dans une description écrite, donner une idée de la magnificence de cet ouvrage. C'est une harmonieuse symphonie de tons ardents, c'est une glorification en traits de feu du drame sanglant du Calvaire. Les yeux y trouvent l'éblouissement décoratif le plus puissant, et le cœur, l'émotion religieuse la plus profonde.

Cette belle page est due au talent de M. Georges Décôte, qui a déjà composé pour Fourvière les cinq verrières des Royautés de la Sainte Vierge. Elle a été exécutée sous sa direction par la main très habile de M. Ader, peintre-verrier."

NDLR :
(*1) Il s'agit de la rose supérieure.

A droite, la famille : des femmes avec leurs enfants. Devant, sur un prie-dieu, on a longtemps pensé qu'il s'agissait de Mme de Servient, mais en réalité, il s'agit d'une autre dame, bienfaitrice de la paroisse.

• Vitrail de la Présence réelle : (transept de l'Epître)

Le vitrail de l'Adoration a été posé en juin 1910. Au Sacrifice, la dominante est le rouge orangé sur fond bleu sombre. A l'Adoration qui donne sur le soleil levant, la dominante est le jaune or sur fond nacré. En haut, dans un nimbe enrichi de pierreries, le Christ est assis enveloppé d'un manteau d'or. Il est couronné. Il porte le sceptre.

A sa droite : la Vierge, Saint Jean Baptiste, Saint Paul. A sa gauche : Saint Joseph, Saint Pierre et le curé d'Ars. Tous l'adorent.

Sur terre, le Christ est adoré par des membres des confréries de la Sainte Vierge et du Saint Sacrement, priant autour de l'ostensoir qui brille au milieu des blanches fumées de l'encens qu'offre, agenouillé, un prêtre vêtu de la chape.

• Vitrail de la Communion : (transept de l'Evangile)

La troisième et dernière verrière a été posée en mai 1911. La communion est distribuée par un prêtre aux fidèles, pendant que, dans le ciel, le Divin, les bras étendus, béatifie les élus.

La rose supérieure figure un pélican, symbole qu'on retrouve au sommet de la cathédrale de Bourges, par exemple. La mère pélican, lorsqu'elle manque de nourriture pour ses enfants, se déchire la poitrine de sorte que des gouttes de son sang nourrissent ses enfants. C'est donc l'image du Christ le jour de la Crucifixion. Si le coq est l'emblème du Christ ressuscité, le pélican est alors l'emblème du Christ eucharistique.


Les vitraux des chapelles

A droite du transept, la chapelle de la Vierge est éclairée par un vitrail représentant l'Assomption, don de Mme Faye. A gauche du transept, la chapelle dédiée à Saint Joseph est illuminée par un vitrail représentant la Sainte Famille, don de Mme Desrayaux.

Le vitrail de la Sainte Famille présente deux scènes, l'une terreste et l'autre céleste. Dans les cieux, les anges entourent la Sainte Famille et deux d'entre eux leur jouent de la musique. Sur terre, on voit un petit enfant entouré de ses parents et de ses grands-parent. Les parents ont très certainement les traits des donateurs du vitrail. On remarque qu'ils ne regardent pas leur enfant, mais qu'ils ont le regard tourné vers celui qui est au ciel. Une hypothèse pourrait expliquer cela. L'enfant terrestre serait en réalité mort en bas-âge, et ses parents, en posture de prière, sollicitent l'intercession de la Sainte Famille pour son âme et pour eux. Les grands-parents, en revanche, assurent une présence familiale terrestre, avec leur regard tourné vers l'enfant terrestre.


La rose de l'Agneau Vainqueur

A midi solaire, la rose de l'Agneau Vainqueur, située plein sud en hauteur à l'entrée de la nef, chante la gloire de celui qui n'ouvre pas la bouche tout en étant conduit à l'abattoir. Le vitrail présente l'Agneau immaculé triomphant sur l'autel où se dresse une croix rouge du sang versé. Un soleil glorieux est représenté, illuminant la scène de l'arrière. Le tout est complété de neuf anges dans les cieux, et de sept candélabres sur la terre : tout proclame la grandeur de la victoire du Christ. Ce motif est à lier avec celui du maître-autel, où l'Agneau sacrifié voit son sang versé à flot, mais aussi au vitrail du Sacrifice qui fait face à la rosace, dans l'abside. Les neuf anges sont probablement le signe des neuf chœurs des anges selon l'usage apparu depuis Saint Ambroise (évêque de Milan au IVe siècle) : Anges, Archanges, Chérubins, Dominations, Principautés, Puissances, Séraphins, Trônes, Vertus. Les sept candélabres sont les sept Eglises citées dans le livre de l'Apocalypse (Ap 1, 20) : Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée, qui désignent désormais l'Eglise universelle.